PERIHAN MAĞDEN

Nous sommes fiers avec Publie.Net de compter Perihan Mağden parmi les auteurs de notre catalogue, avec la traduction du roman Ali et Ramazan, paru en 2010 en Turquie. Nous souhaitons, à travers l'anthologie ainsi que ce travail de traduction sur ses romans, vous faire connaître le monde de cette auteur unique : poignante d'intelligente, de richesse d'écriture, de vérité. 

Que connaît-on de Perihan Mağden en français ? Un seul roman, son premier écrit en 1991 et traduit en 2003 chez Actes Sud : Meurtres d’enfants messagers. Elle écrit de nombreux romans entre 1991 et 2013, traduits à travers le monde : en anglais, en coréen, en grec, en hongrois, en néerlandais, en italien, en albanais…

Il m'a toujours paru étrange qu'aucune maison d'édition francophone n'a voulu développer ce travail de traduction autour de son oeuvre, pourtant clé dans le contexte de la littérature contemporaine turque.

Photo de l'auteur ©Muhsin Akgün

Pourquoi lire Perihan Mağden ?

Peut-être que je dois d'abord dire pourquoi je traduis ses romans. Je l'ai déjà expliqué dans mon introduction au premier volume de l'anthologie d'auteurs contemporains turcs Meydan | La Place, traduire certaines œuvres est pour moi une nécessité, un appel qui vient de l'intérieur. Et en ce qui concerne Mağden, ce sont avant tout la force et la sincérité de son écriture qui me motivent. 

À travers son œuvre, Perihan Mağden nous raconte l’histoire de ceux que la société oublie, ceux qui se retrouvent à la page des faits divers dans les journaux, comme Ali et Ramazan, qui se perdent dans la grandeur de la ville et dans l’angoisse de l’adolescence, comme les deux jeunes filles de son roman, ceux qui vivent à l'ombre des autres, comme l'héroïne de son dernier roman, blessée par une Star. Tous ces personnages sont victimes du regard d’une société intolérante face à ceux qui sont différents ou dans le besoin. Les oubliés de la société, les rejetés du gouvernement, de l’armée, de leurs parents… Et le génie de Perihan Mağden est de raconter ces vies, parfois trop courtes comme c’est le cas pour Ali et Ramazan, sans tomber dans le sentimentalisme ou les clichés. Perihan Mağden nous montre l’humain et non la victime. Elle ne veut pas que l’on pleure sur le sort de ces personnages, elle nous pousse à nous rappeler que nous sommes avant tout humains. Bien que souvent basés dans des contextes politiques et sociétaux difficiles et différents de ce que l’on peut vivre en France ou dans d’autres pays européens, les personnages adressent un message universel sur la condition humaine.


quelques couvertures de romans

À PROPOS DE PERIHAN MAĞDEN

Perihan Mağden (1960) a écrit et publié des romans, de la poésie, de nombreux essais et éditoriaux dans la presse, certains lui ayant valu d'être poursuivie en justice. Fin 2005, Mağden prend la défense dans un éditorial d'un jeune objecteur de conscience emprisonné, ce qui lui vaut d'être attaquée en justice par l'armée. Huée par une foule hostile lors de son procès, elle est finalement acquittée. Elle a également été récemment poursuivie en justice par le Premier Ministre turc pour un des ces articles dans le quotidien Taraf.

Perihan Mağden écrit de nombreux romans depuis 1991, traduits à travers le monde. Seul son premier roman Meurtres d’enfants messagers (1991) a été publié jusqu'à présent en français (2003, Actes Sud). Ses autres romans incluent Le compagnon (1994), Le roman de deux jeunes filles (2002) adapté au cinéma par Kutluğ AtamanQui fuyons-nous, maman ? (2007) explorant la relation entre une mère fugitive avec sa fille, et Ali et Ramazan (2010) adapté au théâtre en 2013. Son dernier roman Blessure de Star (2013) raconte l'obsession d'une jeune fille envers une pop star. 

Pendant une courte période en 2013, Mağden qui analyse de près la culture populaire et ses liens avec la société et la politique, a écrit des chroniques pour Ekranella, un site de chroniques dédié aux séries télévisées. Elle a publié une collection d'essais en avril 2014 en Turquie. Depuis juillet 2015, elle a repris l'écriture d'une chronique hebdomadaire pour la revue en ligne Nokta.

Perihan Mağden vit à Istanbul.