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Les abricots sauvages

Il y a des moments où je doute. Pourquoi tous ces efforts pour passer d'une langue à l'autre ?

Il y a des moments où j'ai peur. Et si personne n'en voulait ?

Il y a des moments où je suis incertaine. Y'a-t-il quelqu'un qui lit ?

Il y a des moments comme ce soir, les questions pleuvent. Et puis, j'écoute une chanson qui me renvoie à un texte, à une langue, à un monde. Qui me rappelle pourquoi je fais tout cela. 

J'ai lu tantôt sur Twitter quelqu'un citer Adorno :

"Writing is a place to live" 

La traduction aussi.

 

Je partage ici une belle chanson de Ezginin Günlügü "Zerdaliler". Zerdali vient du perse zardâlu et signifie abricot sauvage. Je trouve que c'est un mot magnifique. La chanson aussi est très belle. La voici avec une traduction un peu littérale pour que vous puissiez mieux en profiter... 

Paroles et musique : Hüsnü Arkan 

Zerdaliler

Ay nerde doğsa oradaydık 
Dallarda zerdali çiçekleri 
Savrulur gider rüzgâr esince 
Bütün bir bahar böyle geçti 

Anlardım aklından geçenleri 
Sustukça konuştuk sanki 
Sevdaymış meğer bu içimizde 
Yıllardır uyuyan deli 
Sessizlik sensin geceleri 

Fincana kahve koydum gel, ah 
Bugün şeytana uydum gel 
Ay doğdu dağın üstünden, aman aman 
Dallarda beyaz çiçekler 

Dayandım gecenin karasına 
Artık kimse kıramaz beni 
O kül gibi deniz o sessiz kız 
Kayıp bir sandala binip gitti 

Ne sen söyledin derdini 
Ne ben sevdiğime inandım 
Unut geçen eski günleri 
Bunca yıl sonra nasılsın? 

Les abricots sauvages

Nous étions là où naissait la lune
Sur les branches les fleurs d'abricots sauvages
S'envolent quand le vent souffle
Tout un printemps passa ainsi

Je savais ce qui te passait par l'esprit
Comme si nous avions parlé en nous taisant
C'était donc l'amour 
Ce fou qui dormait depuis des années en nous 
Tu es le silence pendant les nuits

J'ai versé du café, allez viens
Aujourd'hui je me suis laissé tenté par le diable, viens
La lune s'est levée par-dessus la montagne, oh 
Sur les branches des fleurs blanches 

Je me suis appuyé sur l'obscurité de la nuit
Plus personne ne peut me briser à présent
Cette mer cendrée cette fille silencieuse
Elle glissa dans une barque et partit

Ni toi tu as dit ton désarroi
Ni moi je n'ai cru que j'aimais
Oublie ces vieux jours passés
Comment vas-tu après tant d'années ?