Sons, Meydan | La Place Vol.2, Musique

Nazim Hikmet : poésie et musique

Exposition Nazim Hikmet à la galerie Yapi Kredi à Istanbul, 2012. Photo: Canan Marasligil

Exposition Nazim Hikmet à la galerie Yapi Kredi à Istanbul, 2012. Photo: Canan Marasligil

La musique s'invite dans le second volume de l'anthologie d'auteurs contemporains turcs Meydan | La Place, et dans mon introduction je parle notamment des poèmes de Nazim Hikmet, le plus grand poète de la Turquie moderne, souvent adaptés en musique en Turquie mais aussi à l'étranger.

En 1956 Hikmet écrit un poème qui touchera bien au-delà des cœurs et des esprits des seuls Turcs. Dans ce poème intitulé « Kız çocuğu » | « La petite fille » qui traversera les langues et les genres, traduit, adapté et mis en musique, Nazim Hikmet donne sa voix à une fillette de sept ans, tuée à Hiroshima. En 1962, « I Come and Stand at Every Door (Girl of Hiroshima) » prend vie par la voix du chanteur et compositeur Pete Seeger qui adapte le poème, traduit par Jeanette Turner, avec James Waters sur une musique folklorique des îles Orkney « The Great Silkie » (ci-dessous interprétée par le groupe américain The Byrds).  Des années plus tard, c’est au tour de Joan Baez de chanter ce poème, en turc, sur une musique de Zülfü Livaneli (écoutez ci-dessous).

Pour des raisons de respect des droits d'auteur, je ne peux que partager cet extrait via iTunes :

De nombreuses traductions en français du poème sont disponibles sur le Web (il suffit de faire une recherche Google "Nazim Hikmet La petite fille" pour les trouver) mais comme aucune ne mentionne le nom du traducteur ou de la traductrice, je ne l'ai pas reproduit ici. Et je n'ai certainement pas l'audace de traduire Nazim Hikmet. Pas ce poème-ci, pas maintenant... Mais le voici en turc. 

Kapıları çalan benim
kapıları birer birer.
Gözünüze görünemem
göze görünmez ölüler.

Hiroşima’da öleli
oluyor bir on yıl kadar.
Yedi yaşında bir kızım,
büyümez ölü çocuklar.

Saçlarım tutuştu önce,
gözlerim yandı kavruldu.
Bir avuç kül oluverdim,
külüm havaya savruldu.

Benim sizden kendim için
hiçbir şey istediğim yok.
Şeker bile yiyemez ki
kâat gibi yanan çocuk.

Çalıyorum kapınızı,
teyze, amca, bir imza ver.
Çocuklar öldürülmesin
şeker de yiyebilsinler.
— KIZ ÇOCUĞU, Nazim Hikmet, 1956