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Les coulisses de Meydan : évaluer, réfléchir, avancer.

Contrats, e-mails, lectures, recherche, traduction, écriture, rêves, cauchemars, contrats, e-mails, e-mails, écriture, traduction, recherche, lectures, lectures... ce n'est pas toujours simple d'éditer une anthologie numérique, mais c'est absolument fascinant. Comme il se passe plein de belles choses dans les coulisses de Meydan | La Place, j'ai pensé qu'il était nécessaire de faire le point, en toute transparence.

SITE WEB ET MEDIAS SOCIAUX
Dès la sortie du premier volume de Meydan | La Place, j'ai créé un site Wordpress afin de pouvoir continuer à partager des informations et des textes concernant les auteurs de Meydan | La Place. Bien au-delà d'une nécessité "marketing" pour garder les lecteurs entre deux éditions, le site est avant tout un véritable espace de rencontre avec la Turquie et les très divers aspects de ses cultures contemporaines ainsi que du contexte socio-politique très complexe dans lequel elles se forment. C'est donc de façon très organique que s'est développé un tout nouvel espace web que j'ai jugé bon de déménager vers Squarespace (excellent outil de création de site web). Je suis personnellement très active sur les médias sociaux, et surtout Twitter, mais je me suis rendue compte que je ratais pas mal de lecteurs en refusant de créer une page spéciale sur Facebook. Meydan | La Place a sa page, n'a pour l'instant que 39 amis mais ce sont 39 amis bien fidèles et ça me fait fort plaisir d'y croiser les lecteurs. Je n'ai pas fait d'action massive afin d'attirer les gens sur la page. Erreur penserez-vous, mais je ne pense pas. La page est visible, je la mentionne quand je peux mais je ne pousse personne à pousser sur le bouton "Like". Je préfère avoir peu de "likers" mais être certaine que ces lecteurs s'intéressent sincèrement au projet. Par contre, je ne vais pas créer de compte Twitter séparé. Chaque outil additionnel nécessite du temps en plus pour s'en occuper, ceux qui veulent suivre Meydan sur Twitter peuvent soit me suivre soit suivre les #Meydan #Meydan1 #Meydan2 #MeydanBlog 

Le site web Meydan | La Place est en moyenne actualisé une fois par semaine, parfois plus. J'espère toujours pouvoir publier au moins un nouveau contenu par jour, mais ce n'est pas toujours simple. Encore une fois, si je ne veux pas bâcler les contenus, j'ai besoin de temps, et je préfère toujours la qualité à la quantité.

On avance... on avance...

FICTIONS ET SONS
Vous avez certainement remarqué qu'il y a de plus en plus de contenu lié à la musique et ceux qui me suivent sur Twitter on dû voir passer mes tweets sur la traduction de paroles de chanson. Encore une fois, c'est de façon très organique que s'est développée l'idée de lier musique et littérature. Ce n'est absolument pas nouveau, de nombreux sites ou encore festivals présentent musique et littérature ensemble. J'ai donc décidé que Meydan | La Place est un lieu idéal pour développer ces liens. Il y a d'un côté la série de portraits musicaux qui servent surtout à présenter des artistes et musiciens de Turquie. De l'autre, il y a l'anthologie où la musique n'est pas que présentée mais fait partie entièrement du volume incluant des textes, des lectures audio, des images... et des chansons. Les morceaux que je choisis pour l'anthologie sont tous par des jeunes auteurs/compositeurs dont le texte est tout aussi important que la musique. C'est d'ailleurs pour cela que je traduirai chaque chanson qui sera publiée dans l'anthologie. Entre deux éditions, je continue de partager des contenus qui me semblent intéressants sur le site. Vous pouvez lire des extraits des six auteurs présents dans le premier volume de Meydan | La Place dans FICTIONS et les portraits musicaux de Gevende, Ceyl'an Ertem, Jehan Barbur et Yasemin Mori dans SONS. D'autres suivent... 

PAPERASSES
1. Les contrats - Tout cela est bien beau, mais il ne faut pas oublier l'aspect essentiel de la gestion des droits pour tous les contenus. Meydan | La Place est là pour promouvoir ces auteurs qui n'ont pas tous une carrière internationale, et pour chaque addition dans l'anthologie, je prépare un contrat. Les auteurs ou leurs agents sont pour la plupart du temps très ouverts au projet et signent sans inquiétude, car c'est également dans leur intérêt de promouvoir leur travail. Malgré tout, cette gestion signifie des heures de travail... des heures que je préfèrerai passer à lire, traduire, écrire... mais c'est aussi un apprentissage extraordinaire. Tout ceci me pousse à réfléchir sur les questions du droit d'auteur, des droits de traduction et de diffusion. Par exemple, les artistes sont ravis que je leur propose de partager leur chanson dans l'anthologie, mais tous doivent demander l'autorisation de leur maison de disque. Je ne sais pas si c'est logique, je ne sais pas non plus si c'est vraiment une protection nécessaire vu que ni moi ni Publie Net ne nous enrichissons sur le dos de qui que ce soit..., mais je sais que tout le monde n'a pas les mêmes intentions quand ils partagent le travail des autres... Ce sont des questions clés sur lesquelles il faut tous réfléchir ensemble, c'est pour cela que j'écris cet article d'ailleurs. Ces contrats et échanges sont essentiels, mais peut-être faut-il trouver un moyen de les faciliter. 

2- les aides publiques -  ce qui demande un travail de paperasses encore plus gigantesque (et fatiguant) sont les demandes d'aides publiques. L'an dernier, nous avions envoyé avec Publie Net un dossier au programme culture de la commission européenne (CE)... sans succès (il nous manquait 13 points pour être considérés je pense). Quant au projet d'aides aux traductions du ministère de la culture turque, TEDA, il ne considère ni le numérique ni l'impression à la demande ! C'est bien dommage, mais avec les aides publiques se pose toujours, pour moi en tous cas, le problème d'indépendance. Surtout dans le cas de la Turquie où la censure est omniprésente. Mais même avec un programme comme l'aide à la traduction de la CE je vois des problèmes, notamment le fait que les oeuvres qui ont reçu le prix de littérature européenne ont plus de chances de recevoir l'aide. J'ai lu le livre de l'auteur turque qui a reçu ce prix et je l'ai trouvé archi mauvais. Par principe, je ne vais pas traduire un texte que je trouve mauvais juste pour recevoir un subside... si ? Non. Pour moi c'est non. Et donc au plus je réfléchis, au plus je prône la patience et la confiance au lecteur. Ce qui fera vivre le projet Meydan | La Place à long terme, ce sont les lecteurs. 


Si si, on avance... 

3-Finances
En réfléchissant aux possibilités d'aides financières, j'ai un court instant pensé au crowdfunding, puis je me suis dit... mais le projet est là, il existe, il faut des fonds pour continuer et donc au plus on vendra d'exemplaires de Meydan | La Place, plus loin on pourra aller. C'est vraiment aussi simple que cela. Les revenus générés par ces ventes nous permettrons de continuer, ce qui déjà en est pas mal, mais dans le futur aussi d'acheter les droits d'oeuvres complètes, de rémunérer auteurs, traducteurs, musiciens et autres artistes qui participeront projet. 

L'équipe
Traduire, un travail solitaire ? Certainement pas pour moi. C'est un travail solidaire. Sans l'équipe Publie Net, Meydan | La Place n'existerait pas. La toute première lectrice de mes traductions c'est Christine Jeanney et j'adore travailler avec elle car elle a toujours quelque chose à apporter aux textes. Il ne s'agit pas ici de juste corriger mes fautes d'orthographe ou de grammaire... (il y a de ça aussi, personne n'est parfait), mais de porter un nouveau regard sur le texte. Cet oeil qui ne connaît pas la langue turque est pour moi un bol d'air et me permet de questionner certains choix de traduction (pas toujours bons) et de me pousser à chercher encore plus, encore plus loin. Et souvent c'est ensemble que l'on trouve la meilleure solution.  

Quelques fous rires éclatent pendant les relectures. 

Ensuite il y a Roxane Lecomte, alias La Dame au Chapal, qui par ailleurs a commencé une toute nouvelle aventure avec Jiminy Panoz en lançant leur studio de création de livres numérique Chapal & Panoz. Je discute avec Roxane dès le début du projet, au stade même de la réflexion car c'est essentiel d'avoir son regard. Une idée me vient, par exemple d'ajouter de la BD, mon premier réflexe est d'envoyer un tweet à Roxane

Discussion nocturne avec Roxane Lecomte. Il s'agit juste d'un échange d'idées et aucune certitude n'est à en tirer.

Si Roxane -et Gwen Catala aussi d'ailleurs, sont enthousiastes, on construit tout cela ensemble.

Et puis bien sûr, je ne cesserai jamais de le remercier, il y a François Bon qui a offert un espace essentiel à Meydan | La Place. Merci à lui, merci à Publie.Net.

Ouverture
Le projet est construit sur un esprit d'ouverture. Mon critère premier : la sincérité.
C'est donc avec une immense joie que j'accueille une traductrice dans le projet. Il s'agit de Claire Simondin qui m'a proposé un texte très fort pour le second volume. Je vais bientôt écrire un article spécial pour vous présenter Claire et son travail.Le second volume accueillera également un texte d'une toute jeune prof d'univ. qui a récemment écrit sa thèse de doctorat sur Orhan Pamuk, il s'agit de Esra Almas qui partagera sa vision de la traversée du Bosphore.
Ce site est également ouvert aux contributions, comme je l'explique dans la page "présentation", il m'est pour l'instant impossible de rémunérer les contributions.

Second volume en route... 
Si tout se passe bien, Meydan | La Place vol. 2 sortira "bientôt", c'est-à-dire dans le courant du mois de février, on essaie avant le mois de mars. Certains diront que c'est très vague ou pas sérieux de ne pas avoir une date de lancement. Mais je les contredis tout de suite. Je prends mon travail très au sérieux, l'équipe aussi, et c'est pour éviter de bâcler les traductions, les relectures, la création de l'eBook, et tout le reste, qu'ensemble, avec l'équipe, on avance à notre rythme. Et entre temps, n'oubliez pas que ce site est là pour continuer à partager des articles, des textes et des sons de Turquie.

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